La révolution numérique a transformé profondément nos sociétés, redéfinissant notre façon de communiquer, de travailler et de vivre. Si ces avancées de la technologie ont permis des gains considérables en termes d’efficacité et de confort, elles soulèvent également d’importantes questions environnementales. Aujourd’hui, le secteur numérique représente entre 3 et 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit l’équivalent du secteur aérien. Cette empreinte carbone ne cesse de s’amplifier avec la démocratisation des objets connectés, l’explosion des données et l’émergence de technologies comme l’intelligence artificielle. Face à ces défis, une prise de conscience collective émerge, ouvrant la voie à des innovations responsables et à de nouvelles approches réglementaires. Ce paradoxe entre progrès technologique et préservation environnementale constitue l’un des enjeux majeurs de notre époque.
L’empreinte écologique du numérique
Le secteur numérique, longtemps perçu comme immatériel et donc peu polluant, révèle progressivement son impact environnemental considérable. Cette empreinte écologique se manifeste à chaque étape du cycle de vie des technologies numériques, de l’extraction des matières premières à la gestion des déchets, en passant par la production et l’utilisation des équipements. Selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME), si le numérique était un pays, il serait le troisième consommateur mondial d’électricité, derrière la Chine et les États-Unis.
Cette empreinte s’explique notamment par la multiplication des appareils électroniques dans notre quotidien. Un ménage français possède en moyenne 15 équipements numériques, contre seulement 4 il y a vingt ans. Cette prolifération s’accompagne d’un renouvellement accéléré des appareils, encouragé par l’innovation constante et parfois par l’ obsolescence programmée . Ainsi, la durée d’utilisation moyenne d’un smartphone est passée de 4 ans en 2013 à moins de 2 ans aujourd’hui, générant un flux continu de production et de déchets.
À l’échelle mondiale, ce phénomène prend des proportions alarmantes. La production annuelle de nouveaux équipements électroniques mobilise plus de 50 métaux différents, dont certains sont considérés comme critiques en raison de leur rareté et des tensions géopolitiques qu’ils suscitent. L’extraction de ces ressources s’accompagne souvent de dégradations environnementales majeures et de conditions sociales problématiques dans les pays producteurs.
La consommation énergétique des data centers
Les centres de données constituent la colonne vertébrale invisible de notre monde numérique. Ces infrastructures, qui hébergent et traitent l’immense quantité de données générées quotidiennement, consomment une part significative de l’énergie mondiale. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, les data centers représentent aujourd’hui environ 1% de la consommation électrique mondiale, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’un pays comme l’Espagne.
Cette consommation s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, les serveurs fonctionnent en continu, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, pour garantir l’accès permanent aux services numériques. Ensuite, ils génèrent une chaleur importante qui nécessite des systèmes de refroidissement énergivores. Une étude de l’Université de Berkeley estime que les systèmes de climatisation peuvent représenter jusqu’à 40% de la consommation totale d’un data center traditionnel.
La multiplication des usages numériques, et particulièrement l’essor de l’intelligence artificielle, pourrait tripler la consommation énergétique des data centers d’ici 2030 si aucune mesure d’efficience n’est mise en place.
Face à ces défis, des initiatives émergent pour optimiser la consommation énergétique des centres de données. Des géants du numérique comme Google ou Microsoft investissent dans des technologies de refroidissement plus efficientes, comme l’immersion des serveurs dans des liquides non conducteurs ou l’utilisation de l’air extérieur pour la climatisation dans les régions froides. Ces entreprises s’engagent également à alimenter leurs infrastructures avec des énergies renouvelables, contribution essentielle à la transition énergétique du secteur numérique.
L’impact environnemental de la fabrication des appareils électroniques
La fabrication des équipements électroniques constitue l’étape la plus impactante du cycle de vie numérique. Contrairement aux idées reçues, c’est bien la phase de production, et non l’utilisation, qui génère la majeure partie de l’empreinte environnementale. Selon l’ADEME, la fabrication représente jusqu’à 75% de l’impact environnemental d’un smartphone sur l’ensemble de son cycle de vie.
Cette empreinte considérable s’explique par la complexité croissante des appareils électroniques modernes. Un smartphone contient en moyenne plus de 70 matériaux différents, dont des terres rares et des métaux précieux. L’extraction de ces ressources nécessite des quantités importantes d’eau et d’énergie, tout en générant des pollutions diverses. Par exemple, l’extraction d’un kilogramme de terre rare peut produire jusqu’à 2000 kilogrammes de déchets miniers, souvent chargés en métaux lourds et en produits chimiques toxiques.
À cette empreinte extractive s’ajoute celle des processus industriels de fabrication. La production de semi-conducteurs et de circuits imprimés implique l’utilisation de produits chimiques puissants et de grandes quantités d’eau ultra-pure. Une étude de l’Université de Massachusetts a calculé que la fabrication d’une puce électronique de 2 grammes nécessite 32 kilogrammes de matières premières et 1600 litres d’eau, illustrant l’ intensité matérielle exceptionnelle de ces technologies.
L’impact de la fabrication se traduit également en termes d’émissions de gaz à effet de serre. La production d’un ordinateur portable émet environ 169 kilogrammes de CO2, tandis qu’un smartphone génère en moyenne 60 kilogrammes de CO2 avant même sa première utilisation. Ces chiffres soulignent l’importance de prolonger la durée d’utilisation des appareils pour amortir cet impact initial.
La problématique des déchets électroniques
Les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) constituent le flux de déchets qui connaît la croissance la plus rapide au monde. Selon l’ONU, plus de 50 millions de tonnes de DEEE sont générées chaque année, et ce chiffre pourrait atteindre 120 millions de tonnes d’ici 2050 si les tendances actuelles se poursuivent. Cette augmentation s’explique par le renouvellement accéléré des équipements et par l’élargissement du parc mondial d’appareils électroniques, particulièrement dans les économies émergentes.
Ces déchets représentent à la fois un défi environnemental majeur et une opportunité économique. D’une part, ils contiennent des substances dangereuses comme le mercure, le cadmium ou les retardateurs de flamme bromés, qui peuvent contaminer les sols et les eaux s’ils ne sont pas traités correctement. D’autre part, ils renferment des matériaux précieux – or, argent, palladium, terres rares – dont la valeur est estimée à plus de 62 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale.
La gestion de ces déchets reste pourtant problématique à l’échelle globale. Selon les Nations Unies, moins de 20% des DEEE sont collectés et recyclés de manière formelle et documentée. Une proportion importante est exportée illégalement vers des pays en développement, où ils sont traités dans des conditions souvent dangereuses pour la santé humaine et l’environnement, dans ce qu’on appelle le recyclage informel .
Le recyclage insuffisant des équipements obsolètes
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, le taux de recyclage des équipements électroniques reste insuffisant. En Europe, où la législation est pourtant parmi les plus avancées, seuls 40% des DEEE sont collectés et traités conformément aux normes environnementales. Ce taux chute drastiquement dans de nombreuses régions du monde, particulièrement en Afrique et en Asie du Sud-Est, où les infrastructures de collecte et de traitement sont limitées.
Plusieurs obstacles freinent le développement du recyclage des équipements électroniques. Tout d’abord, la complexité croissante des appareils rend leur démantèlement et la séparation des matériaux plus difficiles et coûteux. Des smartphones toujours plus fins aux ordinateurs portables avec batteries intégrées, la miniaturisation et l’intégration des composants compliquent les processus de recyclage traditionnels.
Par ailleurs, la valeur économique du recyclage reste souvent inférieure aux coûts opérationnels, en particulier pour les petits appareils électroniques. Sans incitations financières ou obligations réglementaires, de nombreux acteurs préfèrent donc l’élimination simple à un recyclage complexe. Cette situation est aggravée par le manque de sensibilisation des consommateurs, qui ignorent souvent les filières de recyclage existantes ou sous-estiment l’impact environnemental de leurs appareils usagés.
- Seulement 17,4% des déchets électroniques mondiaux sont documentés comme formellement recyclés
- Un smartphone contient en moyenne 40 fois plus d’or qu’une quantité équivalente de minerai
- Le recyclage d’un million de smartphones permettrait de récupérer environ 16 tonnes de cuivre
- 80% des équipements électroniques finissent dans des décharges ou sont incinérés
Les substances toxiques dans les e-déchets
Les déchets électroniques renferment une multitude de substances toxiques qui présentent des risques significatifs pour l’environnement et la santé humaine lorsqu’ils ne sont pas traités correctement. Parmi ces substances, on trouve notamment le plomb dans les soudures et les écrans CRT, le mercure dans les écrans plats, le cadmium dans les batteries, les retardateurs de flamme bromés dans les circuits imprimés, ou encore les polluants organiques persistants.
Lorsque ces équipements sont mis en décharge ou traités de manière inappropriée, ces substances peuvent contaminer les sols, les nappes phréatiques et l’atmosphère. Dans les sites de recyclage informel, fréquents dans certains pays en développement comme le Ghana (décharge d’Agbogbloshie) ou l’Inde, les méthodes rudimentaires d’extraction des matériaux précieux – comme le brûlage à l’air libre pour récupérer le cuivre ou le traitement à l’acide pour extraire l’or – libèrent des composés toxiques qui affectent gravement les populations locales.
Les conséquences sanitaires de ces pratiques sont alarmantes. Des études menées dans ces zones de recyclage informel révèlent des taux élevés de saturnisme, de maladies respiratoires et de cancers parmi les travailleurs et les communautés environnantes. À Guiyu, en Chine, longtemps considérée comme la capitale mondiale du recyclage informel d’e-déchets, 80% des enfants présentaient des niveaux de plomb dans le sang supérieurs aux normes sanitaires, illustrant l’ impact transgénérationnel de cette pollution.
Les innovations de la technologie au service de l’écologie
Si la technologie contribue significativement aux problèmes environnementaux, elle offre paradoxalement des solutions prometteuses pour y remédier. L’innovation technologique, orientée vers la durabilité, devient un levier essentiel de la transition écologique. De nombreuses avancées récentes permettent d’optimiser l’utilisation des ressources, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de préserver la biodiversité.
Ces technologies vertes couvrent un spectre très large d’applications, de la production d’énergie à la gestion des déchets, en passant par la mobilité durable ou l’agriculture de précision. Elles s’appuient sur des développements dans des domaines variés comme l’Internet des Objets (IoT), l’intelligence artificielle, la blockchain ou les biotechnologies, dont les applications potentielles pour l’avenir du développement web et de l’IA sont considérables.
L’émergence de la « Climate Tech », secteur dédié aux technologies de lutte contre le changement climatique, témoigne de ce dynamisme. Selon PwC, les investissements mondiaux dans ce domaine ont atteint 87 milliards de dollars en 2022, illustrant l’intérêt croissant des acteurs économiques pour ces solutions. Cet écosystème innovant contribue à réconcilier développement technologique et préservation environnementale, démontrant que la technologie peut être part intégrante de la solution écologique .
Les énergies renouvelables et les avancées de la technologie
Le secteur des énergies renouvelables connaît une transformation rapide grâce aux avancées technologiques qui améliorent constamment leur efficacité et leur compétitivité. L’énergie solaire illustre parfaitement cette évolution : le rendement des panneaux photovoltaïques commerciaux est passé d’environ 6% dans les années 1980 à plus de 22% aujourd’hui, tandis que leur coût a chuté de plus de 90% en dix ans, rendant cette technologie accessible à une échelle sans précédent.
L’éolien bénéficie également d’innovations majeures, avec des turbines toujours plus grandes et efficientes. Les modèles les plus récents atteignent des hauteurs de 260 mètres et des puissances unitaires supérieures à 15 MW, capables d’alimenter en électricité jusqu’à 20 000 foyers avec une seule éolienne. Les technologies numériques permettent par ailleurs d’optimiser leur fonctionnement en temps réel en fonction des conditions météorologiques.
Le stockage de l’énergie, longtemps considéré comme le talon d’Achille des énergies renouvelables intermittentes, connaît des progrès fulgurants. Les batteries lithium-ion ont vu leur coût dimin uer de 89% en dix ans, tandis que leur densité énergétique a été multipliée par trois, révolutionnant à la fois le secteur des énergies renouvelables et celui de la mobilité électrique. De nouvelles technologies de stockage émergent également, comme les batteries à flux, le stockage par air comprimé ou les volants d’inertie, diversifiant les solutions disponibles selon les applications.
L’hydrogène vert, produit par électrolyse de l’eau à partir d’électricité renouvelable, s’impose progressivement comme un vecteur énergétique prometteur pour la décarbonation des secteurs difficiles à électrifier. Des projets d’envergure se multiplient dans l’industrie lourde, le transport maritime et l’aviation, soutenus par des innovations qui réduisent le coût des électrolyseurs et améliorent leur rendement.
Ces avancées technologiques accélèrent la transition énergétique mondiale. Selon l’Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables (IRENA), les énergies renouvelables représentent désormais 29% de la production électrique mondiale, et leur part continue de croître. Cette dynamique contribue directement à la réduction de l’empreinte carbone du numérique, à mesure que les centres de données et les infrastructures de télécommunication s’approvisionnent en électricité verte.
Les smart grids et l’optimisation de la consommation énergétique
Les réseaux électriques intelligents, ou smart grids, représentent une révolution dans la gestion de l’énergie. Ces systèmes, qui intègrent des technologies de communication avancées aux infrastructures électriques traditionnelles, permettent une gestion bidirectionnelle et en temps réel des flux d’énergie. Grâce à des capteurs et compteurs communicants, ils collectent et analysent en continu des millions de données sur la production, la distribution et la consommation d’électricité.
Cette intelligence du réseau offre de nombreux avantages environnementaux. D’abord, elle facilite l’intégration des énergies renouvelables intermittentes en adaptant dynamiquement l’offre et la demande. Par exemple, lors de pics de production solaire ou éolienne, les smart grids peuvent encourager la consommation par des signaux tarifaires ou stocker le surplus dans des batteries distribuées. Selon une étude de l’Université de Stanford, cette flexibilité pourrait permettre d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique jusqu’à 80% sans compromettre la stabilité du réseau.
Les smart grids permettent de réduire les émissions de CO2 du secteur électrique de 15 à 30% en maximisant l’utilisation des énergies renouvelables et en limitant le recours aux centrales d’appoint fortement émettrices.
Au niveau des consommateurs, les smart grids s’associent aux objets connectés pour optimiser la consommation énergétique des bâtiments. Les thermostats intelligents, l’éclairage adaptatif ou encore les électroménagers connectés ajustent leur fonctionnement selon les besoins réels et la disponibilité de l’énergie verte. Dans les bureaux, ces systèmes peuvent réduire la consommation énergétique de 30%, en adaptant automatiquement le chauffage, la climatisation et l’éclairage à l’occupation effective des espaces.
Pour les opérateurs de réseaux, ces technologies permettent également de réduire les pertes énergétiques lors du transport et de la distribution de l’électricité, qui représentent actuellement près de 8% de la production mondiale. La détection précoce des anomalies, l’optimisation des flux et la maintenance prédictive contribuent à cette efficience accrue du système électrique dans son ensemble.
Les applications mobiles dédiées à la préservation de l’environnement
L’essor des smartphones a donné naissance à une multitude d’applications mobiles qui transforment notre relation à l’environnement. Ces outils numériques mettent la puissance technologique au service de la transition écologique, en sensibilisant les utilisateurs et en facilitant l’adoption de comportements plus responsables. Avec plus de 4,5 milliards d’utilisateurs de smartphones dans le monde, ces applications offrent un potentiel de diffusion massive des pratiques durables.
Dans le domaine de la consommation responsable, des applications comme Yuka, Open Food Facts ou Eco-Score permettent de scanner les produits et d’accéder instantanément à des informations sur leur impact environnemental. Ces outils encouragent la transparence des marques et orientent les consommateurs vers des choix plus durables. Une étude de l’Université de Lausanne a démontré que l’utilisation régulière de ces applications conduisait à une réduction moyenne de 23% de l’empreinte carbone liée à l’alimentation des utilisateurs.
D’autres applications se concentrent sur la réduction du gaspillage alimentaire. Too Good To Go ou Phenix connectent commerçants et consommateurs pour sauver les invendus, tandis que Frigo Magic ou Karma Kitchen suggèrent des recettes basées sur les restes disponibles dans le réfrigérateur. À l’échelle européenne, ces initiatives ont permis d’éviter le gaspillage de plus de 40 millions de repas en 2022, représentant environ 100 000 tonnes d’émissions de CO2 évitées.
La biodiversité bénéficie également de ces innovations numériques. Des applications comme Pl@ntNet ou iNaturalist transforment les citoyens en scientifiques amateurs capables d’identifier et de répertorier la flore et la faune. Ces programmes de science participative ont déjà collecté des millions d’observations qui enrichissent les bases de données scientifiques et contribuent à la surveillance des écosystèmes.
Les plateformes de covoiturage et mobilité partagée
Les plateformes de covoiturage et de mobilité partagée illustrent parfaitement comment la technologie peut transformer positivement nos habitudes de déplacement. Ces services, accessibles via des applications mobiles, optimisent l’utilisation des véhicules existants et réduisent significativement l’empreinte carbone des trajets individuels. Une voiture de covoiturage peut remplacer jusqu’à 8 véhicules personnels en circulation, diminuant proportionnellement les émissions de gaz à effet de serre.
BlaBlaCar, leader européen du covoiturage longue distance, revendique 100 millions d’utilisateurs et une économie cumulée de plus de 2,8 millions de tonnes de CO2 depuis sa création. Pour les trajets quotidiens, des applications comme Klaxit ou Karos mettent en relation des collègues ou voisins effectuant des parcours similaires, réduisant ainsi la congestion urbaine et la pollution atmosphérique. Selon l’ADEME, si le taux d’occupation des véhicules passait de 1,1 à 1,5 personne en moyenne pour les trajets domicile-travail, les émissions de CO2 liées à la mobilité urbaine diminueraient de 25%.
L’autopartage connaît également un essor important grâce aux plateformes numériques. Des services comme Getaround (ex-Drivy) ou Citiz permettent de louer ponctuellement un véhicule entre particuliers ou via une flotte dédiée. Cette mutualisation des ressources présente un double avantage environnemental : elle réduit le nombre de véhicules produits et optimise l’utilisation de ceux existants. Une étude de l’Université de Berkeley a démontré qu’un véhicule en autopartage remplace 7 à 11 voitures personnelles et génère une réduction moyenne de 40% des kilomètres parcourus par les utilisateurs.
- 84% des utilisateurs de covoiturage citent les économies financières comme première motivation
- Un trajet en covoiturage émet en moyenne 2,2 fois moins de CO2 qu’un trajet individuel
- Les plateformes de mobilité partagée ont contribué à une réduction de 6% du taux de motorisation dans les grandes métropoles européennes
- L’intégration de véhicules électriques dans les flottes d’autopartage a augmenté de 45% en deux ans
Les applications de suivi de l’empreinte carbone individuelle
Face à l’urgence climatique, de nombreuses applications proposent désormais aux utilisateurs de mesurer, comprendre et réduire leur empreinte carbone individuelle. Ces outils numériques transforment des concepts souvent abstraits en données concrètes et personnalisées, facilitant la prise de conscience et l’action. Ils s’appuient sur des algorithmes sophistiqués qui convertissent nos activités quotidiennes – déplacements, alimentation, consommation d’énergie – en équivalent CO2.
Des applications comme Carbo, Carbon Footprint ou Good Planet combinent questionnaires détaillés et connexion aux comptes bancaires pour établir un profil carbone précis de l’utilisateur. Elles identifient les principaux postes d’émission et proposent des alternatives moins carbonées adaptées au profil de chacun. Par exemple, ces applications peuvent calculer l’impact d’un trajet en avion et suggérer des compensations carbone, ou encore comparer l’empreinte de différents régimes alimentaires pour orienter les choix quotidiens.
L’aspect gamifié de ces applications renforce leur efficacité. Les objectifs personnalisés, les défis hebdomadaires et la comparaison avec d’autres utilisateurs créent une émulation positive qui entretient la motivation. Selon une étude de l’Université de Göteborg, les utilisateurs réguliers de ces applications réduisent en moyenne leur empreinte carbone de 16% après six mois d’utilisation, principalement grâce à des modifications dans leurs habitudes de mobilité et de consommation.
Ces applications contribuent également à l’éducation environnementale en rendant accessibles des informations scientifiques complexes. Elles décomposent l’impact des différentes activités et illustrent les ordres de grandeur, permettant à chacun de hiérarchiser ses efforts. Par exemple, beaucoup d’utilisateurs découvrent que l’impact carbone d’un vol transatlantique peut annuler plusieurs années d’efforts sur d’autres postes de consommation, orientant ainsi leurs choix de vacances vers des destinations accessibles en train.
L’économie circulaire dans le secteur de la technologie
Face à l’épuisement des ressources naturelles et à l’accumulation des déchets électroniques, l’économie circulaire s’impose comme un modèle alternatif prometteur pour le secteur technologique. Ce paradigme économique vise à découpler la croissance de la consommation de ressources finies, en privilégiant les boucles fermées où les produits et matériaux conservent leur valeur maximale le plus longtemps possible. Contrairement au modèle linéaire traditionnel (extraire-fabriquer-jeter), l’économie circulaire s’articule autour de la réduction, la réutilisation, la réparation et le recyclage.
Dans le secteur numérique, ce modèle représente à la fois une nécessité environnementale et une opportunité économique. D’après la Commission européenne, l’adoption de stratégies circulaires pourrait générer une économie de matières premières de 600 milliards d’euros par an pour les entreprises européennes, tout en réduisant de 450 millions de tonnes les émissions de CO2. Pour le secteur électronique spécifiquement, la valeur des matériaux récupérables dans les DEEE est estimée à plus de 62 milliards de dollars annuellement.
Cette transition vers la circularité implique une transformation profonde de la chaîne de valeur. Les fabricants sont encouragés à concevoir des produits modulaires, réparables et recyclables, tandis que de nouveaux modèles économiques émergent autour de la location, du reconditionnement ou de la réparation. Des entreprises pionnières comme Fairphone démontrent la viabilité de ces approches en proposant des smartphones modulaires dont chaque composant peut être remplacé individuellement, multipliant ainsi par trois leur durée de vie moyenne.
L’écoconception des produits électroniques
L’écoconception représente le point de départ fondamental de l’économie circulaire dans le secteur technologique. Cette approche intègre les considérations environnementales dès la phase de conception des produits, en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie – de l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie. L’objectif est de réduire l’empreinte environnementale tout en préservant, voire en améliorant, les fonctionnalités et la valeur du produit pour l’utilisateur.
Plusieurs principes guident cette démarche d’écoconception. La réduction des matériaux utilisés constitue un premier axe, avec des appareils toujours plus légers et compacts. Par exemple, les ordinateurs portables ont vu leur poids diminuer de 70% en vingt ans, tout en gagnant en puissance de calcul. Le choix de matériaux plus durables, recyclés ou recyclables représente un second levier majeur. Des entreprises comme Dell ou HP intègrent désormais jusqu’à 80% de plastiques recyclés dans certains composants, tandis que Apple utilise de l’aluminium bas carbone pour ses MacBook.
La modularité et la réparabilité s’imposent également comme des critères essentiels d’écoconception. Au-delà de Fairphone, des initiatives comme le Framework Laptop proposent des ordinateurs entièrement modulaires dont chaque composant – de la carte mère aux ports de connexion – peut être remplacé ou mis à niveau par l’utilisateur sans outils spécifiques. Cette approche permet d’allonger considérablement la durée de vie des appareils en évitant leur obsolescence technique.
L’efficience énergétique constitue un autre pilier de l’écoconception, avec des progrès constants dans la réduction de la consommation électrique des appareils. Les processeurs de dernière génération consomment jusqu’à 50% d’énergie en moins que leurs prédécesseurs à performance égale, grâce à des innovations dans les architectures et les matériaux. Ces avancées bénéficient tant à l’autonomie des appareils mobiles qu’à l’empreinte carbone des équipements connectés en permanence.
Les initiatives pour prolonger la durée de vie des appareils
La prolongation de la durée de vie des équipements électroniques constitue le levier le plus efficace pour réduire leur impact environnemental. Chaque année supplémentaire d’utilisation permet d’amortir l’empreinte écologique initiale de fabrication et de retarder la production de déchets. Face au constat d’un renouvellement toujours plus rapide des appareils – passé de 4,5 à 2,5 ans en moyenne pour un smartphone – de nombreuses initiatives émergent pour inverser cette tendance.
Le marché du reconditionnement connaît une croissance spectaculaire, avec une augmentation annuelle de 15%.